Sol.East
créations chorégraphiques
(Roumanie, Estonie, Russie, Pologne, République tchèque)

Après la chute du mur, la danse d’Europe Centrale et Orientale – comme le théâtre un peu plus tôt – a tenté de se libérer petit à petit des traditions et structures écrasantes héritées du passé.
Dans des conditions économiques souvent ardues, de jeunes chorégraphes ont forgé leur expression propre, une façon singulière de bouger, dévoilant avec un humour acide de nombreuses interrogations. Talentueux et audacieux, ils rejettent les jeux politiques, privilégiant liberté et indépendance, et ont créé leurs propres structures, forgeant des pièces très personnelles.
À la suite de nombreux voyages de prospection et rencontres, des programmes de danse réunissant solos et créations de chorégraphes d’Europe Centrale et Orientale ont été constitués.


Chorégraphes présentés Daria Buzovkina (Russie), Eduard Gabia (Roumanie), Mart Kangro (Estonie), Sasha Pepelayev & le théâtre Kinetic (Russie), Olga Kumeger (Russie), Kristyna Lhotáková et Ladislav Soukup (République tchèque), Raido Mägi (Estonie), Mihai Mihalcea (Roumanie), Manuel Pelmus (Roumanie), Nikolaï Schetnev (Russie), Magdalena Reiter (Pologne), Vava Stefanescu (Roumanie)


Ces programmes sont présentés
Par le Centre national de la danse (Paris, France) :
- en juillet 2002 dans le cadre du Festival Paris Quartier d’été (France)
- en décembre 2002 au Studio du Centre national de la danse (Paris, France) : “D’Est en Ouest”
Et par le Hebbel Theater (Berlin, Allemagne) :
- en août 2002 dans le cadre du Festival Tanz im August du Tanzwerkstatt (Berlin, Allemagne)
- en janvier-février 2003 dans le cadre du festival Winter Tanz (Berlin, Allemagne)

Coproduction Centre national de la danse (Paris, France), Hebbel Theater (Berlin, Allemagne), THEOREM (association soutenue par le programem Culture 2000 de l'Union européenne)

Just
chorégraphie et interprétation Daria Buzovkina (Russie)
musique “Nol”
poème Daniil Haarms

"Je me souviens. Je me souviens que quelque chose n’était pas. N’était pas avec moi. Ou alors c’est seulement mon imagination… Juste moi…
De manière générale, ce solo est dédié à mon père parce qu’il aime cette musique, il a vécu à cette époque et a grandi dans un orphelinat.
C’est un peu sur tout cela mais aussi sur la manière dont je ressens cela et pourquoi je ressens les battements de cette époque dans mes artères… et comment cela influence ma vie aujourd’hui…" (Daria Buzovkina)

Spectacle présenté à Paris Quartier d’Eté : 17-20 juillet 2002


5 Minutes de ma vie
chorégraphie et interprétation Eduardo Gabia (Bucarest, Roumanie)
musique Jan Garbarek et Portishead
production DEEA dance group

“Le sentiment, la pensée, le rêve, le réel, l’irréel, la respiration, la tâche, toi, il était une fois, je ne suis pas, regarder, l’amour, on ne sait jamais, le pas, l’étincelle, l’idée, les restes, un peu, rien… moi-même” (Eduardo Gabia)


Spectacle présenté à Paris Quartier d’Eté : 17-20 juillet 2002 et au Hebbel Theater, Berlin : Tanz im August, 24 et 25 août 2002


Based on a true story
chorégraphie et interprétation Mart Kangro (Estonie)
musique Paolo Conte

Le spectacle “Start. Based on a true story” mêle une classe de danse imaginaire, des jeux abstraits, des arrêts sur images, du texte et des témoignages vidéo sur ce que devrait être la danse. L’expérience vécue n’est jamais loin, l’humour, absurde, toujours présent.

Spectacle présenté à Paris (Studio du Centre national de la danse) les 13 et 14 décembre 2002


There Where Jasmine Never Stops Blossoming
composition et décor Sasha Pepelayev
chorégraphie Théâtre Kinetic (Russie)
musique "Huun-Huur-Tu", E. Sklyarov, P. Leschenko, E. Rangel
peinture sur tissu Tatiana Karpenko
interprètes Tatiana Gordeeva, Daria Buzovkina, Vassily Yuschenko, Nikolai Schetnev, Sasha Pepelayev

Le projet du Kinetic est une tentative de combiner chorégraphie, improvisation, « contact improvisation », théâtre physique et texte.
Acteurs et danseurs de différentes origines ont été invités sur le projet. Les séquences du spectacle sont comme des fragments incomplets qui changent la relation de l’interprète avec son personnage et des interprètes entre eux.
Le thème final de la représentation est la fixation, un espoir naïf de repos de vacances d’été.
Le projet a été créé à la lecture de "Moscou - Stations" de Venedict Erofeev, l’une des plus importantes œuvres de la littérature soviétique underground des années 70. Les images et les motifs de ce livre se reflètent dans les thèmes des sketchs des acteurs et dans les concepts chorégraphiques. L’atmosphère du livre et le destin tragique de son auteur ont beaucoup influencé les participants pendant leur travail.
“La larme d’une fillette du Komsomol a une odeur étrange…
Quelqu’un qui boit de la vodka pure soit gardera la tête claire et la mémoire solide soit au contraire perdra les deux. Mais en ce qui concerne la larme d’une fillette du Komsomol, c’est assez drôle: vous pouvez boire 1000 grammes de larmes, et votre mémoire est solide comme une cloche, mais c’est comme si vous n’aviez pas de tête du tout. Pourtant si vous buvez à nouveau 100 grammes, vous vous surprendrez vous-mêmes: d’où me vient cette tête toute fraîche ? et où diable est partie ma mémoire ?
Même la recette de La Larme est quelque chose de sérieux. Et une fois que le cocktail est fait un simple goutte peut causer une perte momentanée de la sensation et de la conscience. Ça m’est arrivé, en tout cas.
(“Moscou-Stations”)

Spectacle créé à Moscou au Tseh Festival, 11 –15 décembre 2001 et présenté à Paris Quartier d’Eté : 17-20 juillet 2002


Citi_zen performance
concept Olga Kumeger (artiste vidéaste plasticienne, Russie)
performeurs Andrei Andrianov, Oleg Soulimenko
danseuse Daria Buzovkina
production Centre national de la danse (création en résidence)

« Citi_zen performance » expose le corps dans la ville, corps écran, corps symbole dans l’espace urbain saturé de signes électriques, de messages néons, hanté de fantômes multi-média.
Corps écran de Daria Buzovkina, jeune chorégraphe présentée dans SolEast, ou d’André Andrianov, improvisateur jusqu’au-boutiste du groupe Saïra blanche, sur lesquels sont projetées en temps réel figures, formes et poésies. Plasticienne et vidéaste travaillant à Moscou, Olga Kumeger développe une performance unique, où la danse devient matière et la matière mouvement.

Spectacle présenté à Paris (Studio du Centre national de la danse) les 16 et 17 décembre 2002
(Forum de danse de Monaco Dance 10-12 décembre 2002)


Venus with the Rubic’s cube
chorégraphie et concept Kristyna Lhotáková et Ladislav Soukup (République tchèque)
interprétation Kristyna Lhotáková
musique Ladislav Soukup

A l’égal de Vénus, toute femme devrait être jeune, grande, mince et photogénique. C’est du moins ce que ne cessent d’asséner les médias occidentaux. Face à cette pression, se développent des générations de jeunes filles immatures, anorexiques et décalées. Plantée sur scène en bikini accompagnée de Ladislav Soukup à la contrebasse, la jeune chorégraphe tchèque dénonce avec une ironie mordante et une gestuelle chirurgicale les violences sexistes quotidiennes distillées par nos sociétés.

Spectacle présenté à Paris (Studio du Centre national de la danse) les 10 et 11 décembre 2002


Wittingly
chorégraphie et interprétation Raido Mägi (Tallinn, Estonie)
musique Taavi Kerikmäle, Cal Tjader ja Eddie Palmieri, immersio LOW IPACT

Wittingly est une expérimentation avec votre corps et ses sensations et son intelligence. Que faire et avec quelle intelligence ?
« J’ai fait une boule suppliante de mon intelligence et elle a submergé mes pas, de sorte que je ne savais pas avec qui partager cette abondance ».

Spectacle présenté à Paris Quartier d’Eté : 17-20 juillet 2002 et au Hebbel Theater, Berlin : Tanz im August, 24 et 25 août 2002


Memory for sale
conception Mihai Mihalcea & Florin Fieroiu (Bucarest, Roumanie)
interprétation Mihai Mihalcea
production MM & Solitude Project

« Parfois, je retrouve mon passé dans mes gestes d’aujourd’hui ? J’ai pris avec moi le corps comme un cactus cachant ses fleurs. Je me rappelle des objets précieux et brillants, appréciés par presque tout le monde. Je me rappelle les films d’Indiens et je comprends pourquoi je devais tout le temps pleurer chaque fois que je les regardais. Je porte encore avec moi l’image des chaussures préférées de ma mère.
Aujourd’hui je ne sais pas quoi faire de tout ça ? » (Mihai Mihalcea)

Spectacle présenté à Paris Quartier d’Eté : 17-20 juillet 2002.


You come to see the show and you'll get an extra-burger
chorégraphie Mihai Mihalcea (Bucarest, Roumanie)
interprétation Mihai Mihalcea, un autre danseur et une actrice
coproduction MM & Solitude Project, Multi-Art Dans Centre, Bucarest

Entouré d’un mannequin alter ego et d’une « actrice-témoin » polyglotte, l’artiste roumain contourne la figure du solo pour soliloquer sur la difficulté de se retrouver seul sur scène… solo évolutif, joué pour la première fois en 1999, le spectacle joue avec humour et sensibilité sur la sphère de l’intime pour mieux interroger la position de l’artiste aujourd’hui.

Spectacle présenté à Paris (Studio du Centre national de la danse) les 19 et 20 décembre 2002


Création 2002 (coproduction)
chorégraphie Manuel Pelmus (Bucarest, Roumanie)
coproduction Hebbel Theater - Berlin, Centre national de la danse - Paris, Theorem (association soutenue par le programme Culture 2000 de l'Union européenne), Project DCM Foundation – Bucarest, Multi Art Dans Centre – Bucarest. Avec le soutien du Tanzquartier – Vienne et de Kulturkontakt - Autriche.

Pièce pour 4 danseurs, cette création se saisit de la mémoire personnelle, du sensible, de tout ce qui forme l’identité d’un être… « Si c’est la vie qui m’intéresse, comment puis je l’incarner dans ma pièce sans atteindre à sa vitalité, si c’est le moment présent dont je veux me saisir, comment l’exposer sur scène sans sacrifier au principe de réalité ? Interroger le « comment faire », bien avant de savoir ce que l’on fait réellement. » (Manuel Pelmus)

Spectacle présenté à Paris (Studio du Centre national de la danse) les 19 et 20 décembre 2002 et au Hebbel Theater de Berlin en janvier 2003


Outcome
chorégraphie Manuel Pelmus (Bucarest, Roumanie)

Un homme roulé dans un câble qui semble pousser dans sa tête, s’en extirpe dans un mouvement monotone, se meut hors du temps, explore presque méditativement les origines de son identité et finalement se déchire.

Spectacle présenté au Hebbel Theater, Berlin : Tanz im August, 24 et 25 août 2002


En silence
chorégraphie et interprétation Nikolaï Schetnev (Arkhangelsk, Russie)
musique Chopin
production "Une autre danse", Arkhangelsk, Russie

On dit que tout solo est une sorte de duet entre le danseur et l’espace, le temps, le spectateur etc.
Le solo de Schnetnev est absolu, le héros est idéal et inatteignable par son environnement. Il trouve les sources du mouvement en lui-même, son corps parle avec lui. Il remarque occasionnellement le monde autour de lui et cela lui donne de la nouvelle matière pour son symposium intérieur ou plusieurs Kolia retirés se sont rassemblés pour boire le thé et discuter.

Spectacle présenté à Paris Quartier d’Eté : 17-20 juillet 2002 et au Hebbel Theater, Berlin : Tanz im August, 24 et 25 août 2002


All these Apropos
concept and chorégraphie Magdalena Reiter (Pologne)
musique Mazzol, D.Troop
interprètes Magdalena Reiter et Katarzyna Chmielewska
production X-group (Parts&Brussels 2000)

La courte histoire de Beckett Assez a inspiré les créatrices qui génèrent petit à petit une atmosphère d’intimité entre amies de manière sophistiquée et avec la grâce de deux énergies féminines. L’accent est mis sur la communication et la relation mais aussi sur la féminité. Féminité célébrée en robes noires dissimulant à peine les poitrines des danseuses comme des toiles d’araignée. Une intimité physique, des variations de mouvements synchronisés. La chorégraphie est un point de rencontre entre la littérature et la danse et d’une certaine mesure le thème est incarné dans le texte. Les danseuses lisent tout d’abord un texte en prose et en vers, puis reproduisent le même langage en mouvements. Lorsque les mots sont prononcés à voix haute on s’aperçoit que leur contenu ne peut être compris, leur sens nous échappe. Avec un micro, les danseuses donnent des ordres, lancent des slogans et des phrases incomplètes. Les phrases provoquent le malaise et ne peuvent être achevées. Elles sont les ruines d’un texte qui ne peut rien communiquer. Comme dans Beckett, les mots sont des pièges. En revanche dans l’entre-jeu des corps, le rythme de leur respiration, et dans leur dynamique croisée et leur calme, on peut trouver un contenu spécifique et une cohérence. La chorégraphie libère des humeurs inhabituelles dans l’espace. Elle irradie la sérénité d’un jardin Zen, mais aussi une tension érotique, dans un travail à la fois sur les symptômes de l’incompréhension et l’intimité de secrets partagés.

Spectacle présenté au Hebbel Theater, Berlin : Tanz im August, 24 et 25 août 2002


La Fiction des objets
"no.41, 11 Iunie Street"
chorégraphie d’objets (installation) Vava Stefanescu (Bucarest, Roumanie)

« Si j’avais réalisé que ce qui m’arrivait était réel, rien ne serait finalement arrivé ou je serais morte. Notre existence nourrit des illusions, nous croyons en elles plus qu’en la réalité dans laquelle nous vivons. C’est déjà assez pour nous d’être présents là où nos illusions et désirs nous appellent."
Un court essai chorégraphique avec des objets où la présence des personnages est construite « en absence » sur des images sonores et visuelles : les faits entourent et définissent les personnages ».
« Je veux travailler in situ: cela signifie que si j’arrive dans un nouveau lieu, je veux utiliser le son et les objets qui sont caractéristiques du lieu. Ainsi je peux enregistrer le son et les images dans le lieu où je vais, et je peux probablement choisir et avoir sur la scène des objets de là-bas. Les objets que j’utilise jusqu’à présent sont des objets qui bougent tous seuls (électriques) et j’utilise aussi un projecteur vidéo. »

Spectacle présenté à Paris (Studio du Centre national de la danse) les 10, 11, 13 et 14 décembre 2002