Marat/Sade
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Adaptation : Javor Gardev
Scénographie : Nikola Toromanov Assistant à la mise en scène : Mladen Alexiev Dramaturge & Directrice de production : Dagmar Pfensig Musique : Hans-Martin Majewski Adaption musciale & Composition : Kalin Nikolov, Assen Avramov Avec : Nikola Mutafov, Paraskeva Djukelova, Linda Russeva, Snezhina Petrova, Anastassia Vladimirova Liutova, Daniela Aleksandrova Viktorova-Angelova, Maria Yordanova Ginkova, Veselina Metodieva Mihalkova- Stoianova, Stoyan Radev Stoyanov, Mihail Nikolov Mutafov, Theodora Vladimirova Mihailova, Penko Stefanov Gospodinov, Simeon Stefanov Lyutakov, Gergana Todorova Yordanova Création le 20 Mars 2003 au théâtre Stoyan Bachvarov de Varna, Bulgarie. Coproduction : La rose des vents - Scène nationale de Villeneuve dAscq (France), Théâtre de la Ville dUtrecht (Pays-Bas), Hebbel Theater (Berlin, Allemagne), Théâtre Stoyan Bachvarov de Varna (Bulgarie), association des théâtres hollandais de Arnhem, Groningen, Haarlem, Rotterdam et Utrecht, THEOREM (association soutenue par le programme culture 2000 de lUnion européenne). |
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Pourquoi Marat-Sade ?
En Bulgarie, le goût est en quelque sorte une structure « paresseuse », il nest jamais questionné, ni réfléchi publiquement. Il reste en dehors de tout agenda social. Le système las de lui-même et déjà dépourvu de sens réel se reproduit dans lennui dactivités plus ou moins simulées. Les arts sont déjà considérés comme inférieurs. Lidée de lanti-establishment nest ainsi pas une forme rétrograde de pathos révolutionnaire mais un moyen de respirer librement dans une situation pleine de restrictions, de limites et de lois non formulées (mais bien valides) dobéissance, de hiérarchie locale implicite, dordre invisible dascendance etc. Nous continuons à affirmer que lefficacité de linstant, limprévu, la mobilité sont vraiment cruciaux pour ne pas être pris dans le piège de linertie, et cest pour cela que nous affirmons notre désir authentique de faire un spectacle qui risque dès sa conception de finir guillotiné. Tout le monde en Bulgarie, même sans le dire publiquement, semble las des simulacres populistes et des événements déjà vus. Au moment où les gens perdent leur intérêt pour le théâtre et deviennent de plus en plus fatigués des grosses productions faites au nom du peuple, il est temps pour eux dêtre secoués. Bien sûr, ils peuvent rejeter cette secousse. Il est très probable quil soit tard pour remettre en question nos identités par lintermédiaire du théâtre. Mais il nest jamais trop tard pour vérifier et examiner notre Européanité problématique. Je voudrais sortir du schéma restrictif nutilisant que des acteurs, et essayer dengager aussi des amateurs, des danseurs, des musiciens et simplement des personnes âgées de différentes origines sociales, attitudes et orientations sexuelles. Le mélange des professions, des âges et des statuts sociaux est crucial pour créer létrange société des pensionnaires de Charenton. Le personnage du Marquis de Sade sera moitié patient moitié psychiatre, schizophrène aliéné-et-sociabilisé en même temps. Le « théâtre dans le théâtre » comme lindique la pièce ouvre la voie à limagination de Sade. Le nombre de personnages joués par les pensionnaires sera ainsi plus important, suivant limagerie des uvres du Marquis. Ces couches de problématiques sociales, générationnelles et sexuelles devront être incorporées dans la pièce de théâtre de la Compagnie de Charenton exactement comme elles apparaissent dans notre société confuse aujourdhui. La musique sera originale et enregistrée pour le spectacle la musique et la danse y auront une place importante. Javor Gardev, Février 2002 |
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