An die Musik

Sur une idée de Rudy Engelander
Mise en scène de Pip Simmons (Roumanie / Royaume-Uni)

Musique Chris Jordan
Lumières Chahine Yavroyan
Chorégraphie Violetta Captari
Assistante à la mise en scène Luana Stoica

Avec
Gica Andrusca, Monica Broos, Mihaita Valentin Calota, Radu Captari, Cristina Cioran, Delia Ciorasteanu, Virgil Constantin, Octavian Mardari, Razvan Popa

Spectacle créé le 17 avril 2000 au Teatrul Evreiesc de Bucarest (Roumanie)

Coproduction Teatrul Evreiesc de Stat (Bucarest, Roumanie),
Hebbel Theater (Berlin, Allemagne), Festival d'Avignon (France), La Manufacture (Nancy, France), Rotterdamse Schouwburg (Rotterdam, Pays-Bas), THEOREM (association soutenue par le programme Culture 2000 de l'Union européenne)

D’abord une étrange opérette où une compagnie de théâtre mime maladroitement "Le Rêve d’Anne Frank ". Puis, dans un rêve, une réception obscène donnée à l’intention de mendiants révèle la persécution grandissante des Juifs. Les personnages du rêve-cauchemar deviennent des Juifs placés en file dans un camp de concentration. Débraillés, épuisés, ils sont soumis aux rites barbares et jeux sadiques du gardien. Sur une musique omniprésente, les prisonniers jouent le théâtre dégradant que leur impose leur bourreau. An die Musik a été créé en 1974 par la troupe britannique Pip Simmons Group. Le spectacle a fait alors sensation, notamment au festival de Nancy et au festival d’Avignon off. Pour la première fois, le théâtre trouvait le moyen de parler, d’une manière non réaliste et purement théâtrale, de l’Holocauste. La reprise du spectacle en 2000, avec des acteurs de Bucarest, a également provoqué de grands débats dans la presse et au sein du public (tournée européenne en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Suisse et au Royaume Uni pour un total de 88 représentations).
"Le théâtre et d’autres formes d’art avaient jusqu’alors essayé de conjuguer la sentimentalité avec une réalité historique inimaginable. An die Musik est né du refus de cette constatation, du refus d’une impuissance des arts à faire quoi que ce soit de significatif sur l’Holocauste. Au moment de la création du spectacle, nous ne savions toujours pas si nous avions un quelconque droit de traiter ce sujet. Deux ans de tournée n’ont pas donné de réponse : les réactions du public et de la presse ont été d’une extrême diversité. Aujourd’hui, cinquante ans après l’Holocauste, des gosses de quatorze ans lèvent leur main droite et crient "Vive la Victoire". Des groupes Heavy Metal célèbrent Satan et le racisme. Roberto Benigni danse sur les chaises du théâtre pendant la cérémonie des Oscars. Liam Neeson, alias Schnitzler, pose héroïquement face à "ses Juifs". L’aile droite de l’Europe se développe très vite, sans contrôle. L’antisémitisme a des racines profondes. Le révisionnisme ne provoque plus de relents d’horreur. Et la seule réponse culturelle semble être l’américanisation de l’Holocauste, sa réduction à un fantasme sentimental et acceptable de l’héroïque victime."

Rudy Engelander